40-100 apr. J.-C.
Jésus reprit sévèrement les pharisiens pour avoir annulé la parole de Dieu au profit de l'enseignement des hommes (Matthieu 15:6). Ils sont loin d'être les seuls : à travers les âges, les traditionalistes ont voulu élever la tradition humaine au rang de parole de Dieu. Jésus reprit également avec sévérité les sadducéens en Matthieu 22:23-33 et en Marc 12:18-27. Ceux-ci tenaient tout l'Ancien Testament, hormis la Torah, pour une simple tradition humaine. Jésus leur déclara qu'ils ne connaissaient ni les Écritures ni la puissance de Dieu.
Comment avons-nous reçu le Nouveau Testament ? Que penser de l'affirmation selon laquelle il ne serait, lui aussi, qu'une tradition humaine ? Nous examinerons cette question ainsi que le fondement même de notre foi.
Le centre de notre foi est Jésus-Christ ; certains voudraient pourtant croire que nous ne savons pas avec certitude ce qu'Il a enseigné. Éphésiens 2:20 déclare : « [La maison de Dieu est] édifiée sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus-Christ lui-même étant la pierre angulaire. »
Il est intéressant de relever ce qui est absent de l'Église primitive : aucun débat sur ce qui constitue l'Écriture. La question ne se posa pas avant que Marcion le gnostique n'entreprît de rédiger sa propre écriture et de rejeter la plus grande partie de la Bible. Dioclétien ordonna en outre de brûler tous les livres chrétiens, et les chrétiens devaient savoir lesquels étaient la Parole de Dieu et méritaient que l'on risquât la mort pour eux.
2 Timothée 3:16 déclare : « Toute Écriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger et pour instruire dans la justice. »
Pierre, en 2 Pierre 3:15-16, affirme que certains déforment les lettres de Paul, comme ils le font des autres Écritures.
Paul déclare en 1 Thessaloniciens 2:4 que « nous » avons reçu l'Évangile en dépôt.
1 Thessaloniciens 2:13 : « ... vous l'avez reçue non comme la parole des hommes, mais comme ce qu'elle est véritablement, la parole de Dieu... »
2 Pierre 1:20-21 : « Sachez avant tout [ce qui est fort élevé] qu'aucune prophétie de l'Écriture ne peut être un objet d'interprétation particulière. Car ce n'est pas par une volonté d'homme qu'une prophétie a jamais été apportée, mais c'est poussés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu. »
En cherchant à reconstituer la manière dont l'Église primitive reconnut ce qui relevait de l'Écriture, nous discernons trois critères.
1. L'auteur : l'auteur était-il un témoin oculaire, ou bien le « secrétaire » d'un témoin oculaire ? Voir Luc 1:1-3, Jean 19:35, 1 Jean 1:1-4, 2 Pierre 1:16-18, 1 Corinthiens 9:1-2,5 et 1 Corinthiens 15:7-9.
2. La vérité : le livre contredit-il ce que la Bible affirme ailleurs ? Si tel est le cas, il faut l'écarter. Voir Hébreux 6:18, Jean 10:35 et 17:17, ~Jean 17:8, Proverbes 30:5, Nombres 23:19 et Psaumes 119:42-43,86,137-142,151,160.
3. La confirmation générale : les chrétiens, partout, ont-ils communément reçu ce livre comme Écriture ?
Matthieu ─ Matthieu l'apôtre
Marc ─ l'interprète de Pierre
Luc et Actes ─ le compagnon de Paul
Jean et l'Apocalypse ─ Jean l'apôtre
1, 2 et 3 Jean ─ Jean l'apôtre
Romains – Philémon ─ Paul l'apôtre
Hébreux ─ inconnu à ce jour
Jacques ─ le demi-frère du Seigneur
1 et 2 Pierre ─ Pierre l'apôtre
Jude ─ le demi-frère du Seigneur
Vrai ou faux ? L'Épître aux Hébreux n'aurait pas pu être éprouvée par le critère de l'auteur.
Nous ignorons aujourd'hui qui est l'auteur de l'Épître aux Hébreux. Ses premiers destinataires, en revanche, le connaissaient, comme le montre Hébreux 13:18,23. La réponse exacte est donc : faux. Cela met en lumière un fait important : nous dépendons du jugement de l'Église primitive (avant 130 apr. J.-C.).
Qui pensons-nous donc en être l'auteur ? Clément de Rome (97 apr. J.-C.) y fait allusion à neuf reprises ; l'épître doit donc avoir été rédigée avant cette date. Les hypothèses les plus vraisemblables sont Barnabas et Apollos. Clément d'Alexandrie, Jérôme et Augustin estimaient qu'elle avait été écrite par Paul en hébreu. Tertullien affirmait qu'elle était de Barnabas. De fait, dans le Codex Claromontanus, elle est intitulée « Épître de Barnabas ». (Barnabas est appelé apôtre en Actes 14:4,14.)
Ce Jacques n'était pas le disciple, mais le demi-frère de Jésus. Il était apôtre, ainsi que l'attestent les versets suivants :
• Paul l'appelle apôtre : Galates 1:19
• Comme à Paul, Jésus lui apparut à lui seul : 1 Corinthiens 15:7
• Colonne de l'Église : Galates 2:9
Nous en savons moins sur Jude, frère du Seigneur, que sur Jacques. S'il est aisé de prouver que Jude était apôtre — puisque l'enseignement d'un apôtre est la parole même de Dieu et que Jude figure dans la Bible —, il s'agit là d'un raisonnement circulaire. Il fut assurément un témoin oculaire, mais c'est au jugement des Pères de l'Église primitive que nous nous en remettons pour reconnaître que son épître avait sa place dans la Bible.
L'exposé qui précède ne « prouve pas avec certitude » que nous possédons les bons livres, mais il nous donne de solides raisons de croire que Dieu savait ce qu'il en était et qu'il a veillé à ce que les chrétiens reçussent les bons livres.
Presque tous les autres ouvrages rédigés à cette époque échouent complètement à ces trois épreuves : l'auteur, la vérité et la confirmation générale. Les deux qui s'en approchent le plus sont la Première Épître de Clément et l'Évangile de Thomas.
La Première Épître de Clément, écrite en 97 apr. J.-C., est un excellent ouvrage à lire, que certains, à Antioche et à Alexandrie, jugeaient digne d'être tenu pour Écriture. Son défaut tient à ce que Clément n'était pas un témoin oculaire, mais appartenait à la génération suivante. Elle comporte en outre quelques erreurs mineures (les phénix, par exemple, ne vivent pas réellement en Arabie).
Nous ne saurons peut-être jamais avant le ciel si l'apôtre Thomas a écrit ou non un évangile. Un livre intitulé Évangile de Thomas circulait parmi les gnostiques — et parmi eux seuls ; or les gnostiques modifiaient souvent leurs écrits et, sans surprise, leur Évangile de Thomas enseigne le gnosticisme et contredit la Bible.
Il ne servirait à rien que Dieu nous eût donné avec exactitude ce qui fut correctement reconnu comme sa Parole si, ainsi que Mahomet l'en a accusé, il avait manqué d'en assurer la préservation. Un Dieu qui agirait de la sorte ne serait pas celui qui a écrit Jérémie 1:12, Luc 21:33 et Ésaïe 55:11. (Du reste, s'il avait laissé sa Bible se corrompre, pourquoi aurait-il préservé le Coran ?)
La foi en la vigilance de Dieu sur sa parole est une réponse suffisante, et ce fut la seule dont nous disposions jusqu'au milieu du XXe siècle. Aujourd'hui toutefois, grâce aux manuscrits anciens et à la datation au carbone 14, nous possédons des documents qui établissent historiquement la fiabilité des Écritures que nous lisons. Les voici :
• Manuscrit John Rylands : une partie de l'Évangile de Jean.
130 apr. J.-C.
• Papyrus Bodmer II : la plus grande partie de l'Évangile de Jean.
150-200 apr. J.-C.
• Papyrus Chester Beatty : la plus grande partie du Nouveau Testament.
200 apr. J.-C.
• 10 000 manuscrits grecs et 13 000 manuscrits en d'autres langues, postérieurs à ceux-ci.
Pour en savoir davantage sur son exactitude et sa fiabilité, on lira l'ouvrage de F. F. Bruce : The New Testament Documents: Are They Reliable? (Les documents du Nouveau Testament sont-ils dignes de foi ?).
• Le libéralisme chrétien : elle n'est pas tout entière la parole de Dieu, mais elle contient la parole de Dieu. Les passages que nous acceptons deviennent pour nous la parole de Dieu.
• Le révérend Moon : elle convenait il y a deux mille ans, mais il nous faut aujourd'hui quelque chose de plus avancé.
• Mahomet : elle était bonne à l'origine, mais elle a été entièrement corrompue par la suite.
• Le mormonisme : l'enseignement officiel du dirigeant actuel de l'Église prime sur l'Écriture.
Qu'y a-t-il dans la Bible qui soit purement culturel et propre à cette époque-là ? Une réponse « facile » consiste à dire que, si un verset vous déplaît, c'est qu'il doit être culturel !
Les serviteurs du Christ ne sauraient se contenter de réponses « faciles ». Quelques éléments de la Bible sont indiscutablement propres à cette époque, parce que la Bible elle-même le dit ; c'est le cas de 1 Corinthiens 7:25-26 et d'Actes 10:9-18. Pour qualifier de culturel quelque élément de la Bible, il faut des versets qui l'affirment ou le laissent entendre. Sans quoi, nous nous contentons d'une réponse « facile ».
On peut parler de la Bible et spéculer à son sujet ; mais elle a été écrite pour être obéie. Voir, entre autres, Jean 14:23,24 et Psaumes 119:4-5,17,67,101,134,167,168. Jamais la Bible ne nous ordonne de faire le mal ni des choses déraisonnables. Que feriez-vous si la Bible vous demandait d'accomplir une chose qui ne vous semblait pas la meilleure ? Après la prière et l'échange avec d'autres chrétiens, vous fieriez-vous davantage au jugement de Dieu ou au vôtre ?
Nous sommes redevables à l'Église primitive et aux Pères de l'Église, non pas d'avoir décidé du Nouveau Testament, mais de l'avoir reconnu. Nous avons de solides raisons de croire qu'il a été
a) destiné à être reçu comme Écriture,
b) transmis avec exactitude,
c) composé des livres qu'il fallait y inclure, et
d) préservé fidèlement.
Chacun doit choisir s'il obéira à Dieu et à sa Parole. Voir www.BibleQuery.org pour de plus amples informations.